Qu’est-ce que le collagène, exactement ?
Le collagène est la principale famille de protéines structurelles de la matrice extracellulaire. Cette matrice forme un environnement autour des cellules et contribue à l’organisation, à la cohésion et aux propriétés mécaniques des tissus.
Le collagène peut être comparé à une charpente. Dans un tendon, ses fibres sont organisées pour résister à la traction. Dans la peau, elles forment un réseau qui participe à la résistance et à la structure du derme. Dans l’os, elles constituent une trame organique sur laquelle viennent se déposer les minéraux.
Le collagène n’agit cependant jamais seul. Selon le tissu, il fonctionne avec d’autres composants comme l’élastine, les protéoglycanes, l’acide hyaluronique ou les minéraux. Il est donc plus juste de parler d’un élément essentiel de la structure des tissus que d’un « ciment » assurant toutes leurs propriétés.
Le mot « collagène » ne désigne d’ailleurs pas une molécule unique. Il existe une famille de collagènes possédant des structures, des localisations et des fonctions différentes.
Comment le collagène est-il construit ?
Une molécule de collagène est formée de trois chaînes protéiques enroulées les unes autour des autres. Cette organisation caractéristique est appelée triple hélice. Elle peut être comparée à trois fils torsadés pour former une corde résistante.
Comme toutes les protéines, le collagène est constitué d’acides aminés. Il se distingue notamment par sa richesse en :
- glycine ;
- proline ;
- hydroxyproline.
La glycine apparaît de manière très régulière dans la séquence du collagène. Sa petite taille permet aux trois chaînes de se rapprocher étroitement. La proline et l’hydroxyproline participent quant à elles à la stabilité de la triple hélice.
Dans plusieurs types de collagène, les molécules s’assemblent ensuite en fibrilles, puis en fibres. Des liaisons entre ces molécules renforcent progressivement l’ensemble. Cette organisation explique la capacité de certains tissus riches en collagène à résister à l’étirement et aux contraintes répétées.
Tous les collagènes ne forment toutefois pas des fibres. Certains constituent plutôt des réseaux ou assurent la liaison entre différents éléments de la matrice extracellulaire.
À quoi sert le collagène dans l’organisme ?
Le rôle du collagène dépend du tissu dans lequel il se trouve et de la manière dont ses fibres sont organisées.
Dans la peau
Le collagène se trouve principalement dans le derme, sous l’épiderme. Il contribue à la résistance mécanique, à la densité et à l’architecture de la peau.
La souplesse et l’élasticité cutanées ne dépendent cependant pas uniquement du collagène. L’élastine, l’acide hyaluronique, l’hydratation et l’organisation générale de la matrice extracellulaire jouent également un rôle.
Dans les os
L’os n’est pas uniquement constitué de calcium. Il contient aussi une trame organique composée en grande partie de collagène de type I. Les minéraux se déposent autour de cette structure, ce qui permet à l’os d’associer rigidité et résistance.
Le collagène ne « fixe » donc pas directement le calcium : il forme plutôt une matrice sur laquelle s’organise la minéralisation.
Dans les cartilages
Le cartilage articulaire contient principalement du collagène de type II, associé à de l’eau et à des protéoglycanes. Ce réseau contribue à la cohésion du cartilage et à sa capacité à résister aux pressions exercées sur l’articulation.
Le collagène ne suffit pas, à lui seul, à assurer des mouvements fluides. Cette fonction dépend de l’ensemble du cartilage, du liquide synovial et des autres structures de l’articulation.
Dans les tendons et les ligaments
Les tendons relient les muscles aux os et transmettent les forces produites par les muscles. Les ligaments relient généralement deux os et contribuent à la stabilité des articulations.
Leur forte teneur en collagène de type I et l’orientation de leurs fibres leur permettent de résister à d’importantes forces de traction.
Dans les vaisseaux et les organes
Le collagène participe également à l’architecture des vaisseaux sanguins et de nombreux organes. Certaines formes constituent les membranes basales, de fines structures qui soutiennent les cellules, séparent différents tissus et participent à certaines fonctions de filtration.
Lors de la cicatrisation
Lorsqu’un tissu est lésé, la matrice extracellulaire doit être reconstruite. Des cellules produisent alors du collagène pour former une nouvelle structure de soutien.
Ce collagène est ensuite progressivement réorganisé au cours du remodelage du tissu. Une production excessive ou désordonnée peut aussi entraîner une cicatrice épaisse ou une fibrose : produire davantage de collagène n’est donc pas toujours synonyme de meilleur fonctionnement.
Quels sont les principaux types de collagène ?
Les scientifiques ont identifié 28 types de collagène chez l’être humain. Les types I, II, III, IV et V font partie des plus importants à connaître.
La présence d’un type de collagène dans un tissu ne signifie pas qu’un complément portant le même numéro sera directement envoyé vers ce tissu. Après ingestion, le collagène passe d’abord par la digestion.
À retenir
| Type | Localisations principales | Rôle principal | Organisation |
|---|---|---|---|
| Type 1 | Peau, os, tendons, ligaments et dentine | Apporte une forte résistance à la traction et forme la trame organique de l’os | Collagène fibrillaire |
| Type 2 | Principalement le cartilage et le corps vitré de l’œil | Participe à la cohésion du cartilage et à sa résistance aux pressions avec les autres composants de la matrice | Réseau de fibrilles fines |
| Type 3 | Peau, vaisseaux sanguins et différents organes | Participe au soutien de tissus qui doivent conserver une certaine souplesse | Fibres réticulaires, souvent associées au type 1 |
| Type 4 | Membranes basales situées sous différents tissus | Soutient les cellules et participe à certaines fonctions de séparation et de filtration | Collagène organisé en réseau |
| Type 5 | Peau, cornée et différents tissus conjonctifs | Participe à l’organisation et à la régulation des fibrilles formées avec d’autres collagènes | Collagène fibrillaire minoritaire |
Comment le corps fabrique-t-il du collagène ?
L’organisme renouvelle en permanence une partie de son collagène. Dans les tissus conjonctifs, cette production est notamment assurée par les fibroblastes. D’autres cellules spécialisées y participent selon les tissus, comme les chondrocytes dans le cartilage et les ostéoblastes dans l’os.
Les cellules commencent par fabriquer des chaînes protéiques. Ces chaînes subissent ensuite plusieurs transformations, s’assemblent en triple hélice et sont libérées à l’extérieur de la cellule. Les molécules peuvent alors former des fibrilles et des fibres plus résistantes.
Cette synthèse nécessite des acides aminés issus des protéines alimentaires. La vitamine C joue également un rôle essentiel : elle sert de cofacteur à des enzymes qui modifient certains acides aminés et permettent de stabiliser la structure du collagène.
Une carence sévère en vitamine C perturbe cette fabrication. C’est l’un des mécanismes à l’origine du scorbut, qui peut notamment provoquer une fragilité des tissus et des difficultés de cicatrisation.
Cela ne signifie pas qu’une consommation très élevée de vitamine C entraîne automatiquement une production illimitée de collagène. Elle permet surtout à l’organisme de disposer d’un nutriment indispensable à son fonctionnement normal.
Pourquoi le collagène évolue-t-il avec l’âge ?
Le collagène est continuellement produit, dégradé et réorganisé. Avec l’âge, cet équilibre se modifie : le renouvellement ralentit dans certains tissus, tandis que les fibres existantes peuvent devenir plus rigides, plus fragmentées ou moins bien organisées.
Il est courant d’affirmer que la production de collagène diminue brutalement à partir de 25 ans. En réalité, il n’existe pas d’âge universel à partir duquel tous les tissus commenceraient à perdre leur collagène au même rythme. L’évolution est progressive et dépend notamment du tissu, de l’exposition environnementale, des hormones et du mode de vie.
Dans la peau, les rayons ultraviolets accélèrent la dégradation de la matrice extracellulaire et constituent un facteur majeur du vieillissement cutané. Le tabac est également associé à une altération de la qualité de la peau et de ses fibres de soutien.
Les changements hormonaux de la ménopause peuvent, eux aussi, s’accompagner d’une diminution du collagène cutané. Dans les tendons, les os ou les cartilages, les mécanismes sont différents et ne peuvent pas être résumés à une simple baisse annuelle identique pour tout l’organisme.
Où trouve-t-on du collagène dans l’alimentation ?
Le collagène naturel se trouve dans les tissus animaux. Les aliments qui en contiennent le plus sont généralement les parties riches en peau, en cartilage, en os ou en tissu conjonctif, par exemple :
- la peau de poisson ou de volaille ;
- certaines pièces de viande riches en tissu conjonctif ;
- les cartilages ;
- la gélatine ;
- les bouillons préparés à partir d’os et de tissus animaux.
La quantité réellement apportée par un bouillon peut toutefois varier fortement selon les ingrédients, le temps de cuisson et la méthode de préparation.
Les végétaux ne contiennent naturellement pas de collagène. Ils peuvent en revanche apporter de la vitamine C, certains minéraux et des acides aminés utiles au fonctionnement général de l’organisme.
Les produits présentés comme du « collagène végétal » sont généralement des mélanges de nutriments destinés à soutenir la synthèse naturelle du collagène. Sauf utilisation d’une technologie de production particulière clairement expliquée, ils ne fournissent pas de collagène au sens strict.
Collagène natif, gélatine et collagène hydrolysé : quelles différences ?
Ces trois termes désignent des formes différentes.
Le collagène natif
Le collagène natif conserve en grande partie sa structure en triple hélice. Il est peu soluble et n’est pas la forme la plus fréquente dans les poudres classiques.
Le collagène de type II non dénaturé appartient à cette catégorie particulière. Il ne doit pas être comparé directement, gramme pour gramme, aux peptides hydrolysés.
La gélatine
La gélatine est obtenue lorsque la structure du collagène est modifiée par la chaleur et différents procédés de transformation. Elle possède des propriétés gélifiantes utilisées en cuisine et dans l’industrie alimentaire.
Le collagène hydrolysé
Le collagène hydrolysé est obtenu en fragmentant davantage la protéine pour former des peptides plus courts. Cette transformation améliore notamment sa solubilité et facilite son utilisation dans les poudres et les boissons.
Le poids moléculaire annoncé par une marque décrit la taille moyenne ou la distribution de ces peptides. Une petite taille peut influencer la solubilité et le profil d’absorption, mais elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve d’efficacité.
Que devient le collagène après son ingestion ?
Le collagène consommé ne traverse pas le système digestif sous la forme de fibres intactes destinées à combler directement une ride ou à reconstruire un cartilage.
Pendant la digestion, les protéines sont fragmentées en acides aminés et en petits peptides. Une partie de ces éléments est ensuite absorbée par l’intestin et rejoint la circulation sanguine. Des peptides contenant de l’hydroxyproline ont notamment été détectés dans le sang après la consommation de collagène hydrolysé.
L’organisme utilise ensuite ces éléments selon ses besoins. Ils peuvent participer à la fabrication de différentes protéines ou être employés dans d’autres processus métaboliques. Leur destination ne dépend pas simplement de la mention « peau », « articulation » ou « type I » inscrite sur l’emballage.
Certaines recherches étudient également la possibilité que des peptides particuliers agissent comme des signaux biologiques. Cela ne permet toutefois pas de considérer tous les hydrolysats comme équivalents : leur composition dépend de la matière première et du procédé de fabrication.
Quelle place donner aux compléments de collagène ?
Les recherches consacrées aux peptides de collagène portent notamment sur la peau, les articulations, les os, les tendons et la récupération après l’exercice. Certains essais rapportent des résultats encourageants, mais les effets observés varient selon l’ingrédient, la dose, la durée, la population étudiée et la qualité méthodologique de l’étude.
Il faut donc éviter deux conclusions opposées :
- considérer que le collagène oral ne peut avoir aucun effet parce qu’il est digéré ;
- considérer que n’importe quel complément agit automatiquement sur la peau ou les articulations.
Les résultats obtenus avec un peptide précis et une dose étudiée ne peuvent pas être appliqués à tous les produits. L’origine marine ou bovine, le type affiché et le poids moléculaire ne suffisent pas non plus à prédire l’efficacité d’une formule.
Une alimentation équilibrée, un apport protéique suffisant et de bonnes habitudes de vie restent la base. Un complément peut éventuellement s’y ajouter, mais il ne remplace ni une alimentation adaptée ni la prise en charge d’une douleur, d’une blessure ou d’une maladie.
Comment préserver son collagène naturel ?
Il n’existe pas de méthode capable d’empêcher complètement les modifications liées à l’âge. Plusieurs habitudes contribuent néanmoins au fonctionnement normal des tissus et limitent certains facteurs de dégradation :
- consommer suffisamment de protéines ;
- inclure régulièrement des aliments apportant de la vitamine C ;
- se protéger des expositions excessives aux ultraviolets ;
- éviter le tabac ;
- pratiquer une activité physique adaptée ;
- prendre en charge les éventuelles carences nutritionnelles avec un professionnel de santé.
L’activité physique impose aux os, aux muscles et aux tendons des contraintes qui participent à leur adaptation. Elle doit cependant être progressive, particulièrement après une blessure ou en présence de douleurs.
[LBC_VERDICT]
Pour aller plus loin
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Questions fréquentes
FAQ
Qu’est-ce que le collagène ?
Combien existe-t-il de types de collagène ?
Quel est le type de collagène le plus abondant ?
À quel âge la production de collagène diminue-t-elle ?
Le collagène consommé va-t-il directement dans la peau ?
Existe-t-il du collagène végétal ?
Quelle est la différence entre la gélatine et le collagène hydrolysé ?
La vitamine C aide-t-elle à fabriquer du collagène ?
Quel type de collagène choisir pour la peau ou les articulations ?
Références
Sources scientifiques
-
Collagen Structure and Stability
PubMed ·2009DOI : 10.1146/annurev.biochem.77.032207.120833.
-
The Collagen Family
PubMed ·2011DOI : 10.1101/cshperspect.a004978.
-
Regulation of collagen biosynthesis by ascorbic acid: a review
PubMed ·1985
-
Decreased Collagen Production in Chronologically Aged Skin
PubMed ·2006DOI : 10.2353/ajpath.2006.051302.
-
Pathophysiology of premature skin aging induced by ultraviolet light
PubMed ·1997DOI : 10.1056/NEJM199711133372003.
-
Effects of Oral Collagen for Skin Anti-Aging: A Systematic Review and Meta-Analysis
PubMed ·2023DOI : 10.3390/nu15092080
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